Se connecter avec les plantes
Je me suis toujours intéressée aux plantes. Petite déjà, je lisais tous les livres que je pouvais sur les propriétés des plantes. Je passais beaucoup de temps dehors, par terre, à observer la nature. Dans mes jeux avec mon frère, mes playmobil créaient des potions avec des fleurs, des brindilles… Je ramassais des plantes, les faisais sécher, déjà.
Je jardinais avec mon grand-père, dont le balcon d’appartement HLM ressemblait à une jungle, et qui s’occupait d’un jardin en Touraine, à Souvigné (je me souviens encore du saule pleureur, des odeurs, du calme). Mon père jardinait aussi, et produisait les légumes pour la famille. Pour ma mère, c’était plus compliqué, elle disait avoir un pouce noir, beaucoup de ce qu’elle plantait mourait alors que pour moi c’était l’inverse, mais elle adorait certaines plantes, et j’ai su bien plus tard qu’elle refusait tout abattage d’arbre sur notre terrain, même le plus petit. Nous allions généralement en vacance dans des parcs naturels, et faisions des sorties botaniques régulièrement.
J’ai toujours considéré les animaux et les plantes comme des êtres vivants sans hiérarchie entre les êtres. De la même façon que je ne prenait pas en compte le statut des gens pour leur donner une importance relative, pour moi chaque être est juste unique et digne de respect. Mais il ne m’est pas venu à l’esprit d’essayer de me connecter avec. J’interagissais juste avec respect, prélevant le moins possible, à un moment où les plantes étaient le moins affectées par ma cueillette…
J’utilisais aussi les plantes au quotidien, soit telles quelles, soit sous forme d’huiles essentielles, pour moi, ma famille et mes collègues et amis. Je m’y intéressais toujours autant, je créais des jardins partout où je passais, et je lisais, beaucoup.
Ce qui a vraiment changé les choses, c’est lorsque j’ai commencé à masser. Comme beaucoup de masseurs, je me suis mise à ressentir des choses dans mes mains, mes bras. Le mot “énergie” est entré dans ma vie. J’ai commencé à remarquer les flux dans mon corps, à me rappeler des ressentis que j’avais déjà eu, au tai chi et au chi gong par exemple, en acupuncture aussi. Lorsque je touchais un arbre.
Puis, il y a eu ce moment de ma vie où ma sensibilité a explosé, et où mon énergie a changé d’un seul coup, comme si le voile m’empêchant de percevoir clairement les plantes s’était levé. Ma perception n’a fait que s’affiner ensuite, mais dès ce moment-là, j’ai commencé à ressentir la “présence” des plantes autour de moi, ce qui pour moi se traduisait par une sorte de “signature” sous forme d’impressions émotionnelles (chaleur, vivacité, enthousiasme, force… un peu comme une personnalité), mais aussi d’état et de besoins physiques (plus d’eau, de lumière, bien/pas bien). Couper des branches ou abattre un arbre est devenu compliqué.
Un peu plus tard, j’ai commencé en parallèle une formation de production et d’utilisation de plantes médicinales, et une formation d’aromathérapie qui toutes les deux mettaient l’accent sur des connaissances scientifiques solides, mais ouvraient également la porte de la perception de l’énergie des plantes et l’utilisation de l’intuition comme un des outils intéressants pour cette pratique. J’ai appris à ressentir l’effet des plantes sur mon énergie, et découvert que l’effet était complètement différent d’une plante à l’autre, l’énergie étant dispersée ou concentrée ou fortifiée sur des organes ou systèmes chaque fois différents. J’ai appris à choisir mes mélanges intuitivement en plus de scientifiquement, ce qui me permettait d’adresser des problèmes complexes, y compris ceux que mes clients avaient… oublié de mentionner. J’ai aussi réalisé que certaines plantes étaient devenues des présences constantes et familières dans mes vies, des alliées, que je plante partout où je passe.
Energétiquement, ma perception s’est affinée. J’ai pu me connecter à d’autres niveaux et d’autres façons. Percevoir des impressions des plantes en faisait brûler un encens végétal, des images du lieu d’où elles proviennent, et aussi une impression de leurs propriétés, comme une signature plus complète, un CV si vous voulez, avec des mots, des images, des flashs de connaissance, recoupées après scientifiquement. J’ai commencé à ressentir et utiliser sans même consommer ou toucher physiquement. J’ai commencé à utiliser les élixirs de fleurs, où l’esprit de la fleur est inscrit dans l’eau où elle a baigné, et affiné l’utilisation des plantes sur un plan plus subtil.
Et surtout, surtout, j’ai un jour de détresse ressenti clairement la compassion, la douleur partagée de toutes ces plantes, là avec moi. J’ai ressenti la joie et l’énergie que m’envoyaient les plantes d’un jardin dont je m’étais beaucoup occupée et où je n’ait pas retournée depuis 3 ans. J’ai compris l’incroyable potentiel de l’alliance entre plantes et humains.
J’explore encore. La vie est un chemin…