Licorne, vous avez dit licorne?

Je me suis toujours sentie différente. Différente des gens de mon âge, des membres de ma famille… Compliqué de me faire comprendre, de trouver un intérêt à des choses courantes qui intéressent apparemment… les autres, de savoir comment me comporter en groupe. Tout le temps l’impression d’être à côté de la plaque.

Petite, je me suis réfugiée dans la lecture, la nature, la musique, puis plus tard mes études. J’ai complètement zappé la partie socialisation jusqu’à être adulte, où j’ai essayé d’être avec d’autres, avec toujours l’impression d’être en dehors, d’une certaine manière. J’ai eu la chance d’exercer rapidement un métier varié et stimulant, où bien sûr je devais m’adapter constamment pour répondre aux besoins de mon environnement de travail. J’ai fait des rencontres, me suis mise en couple, ai eu un enfant… comme tout le monde. Je gagnais correctement ma vie, j’avais un statut, mon existence avait du sens.

Pourtant, derrière le masque, c’était de plus en plus difficile. Mon enfant était différent, je ne savais pas pourquoi, et je n’avais pas de soutien de mon entourage, des professionnels de santé ou de l’école, pour qui tout allait bien. Au travail, j’avais de moins en moins de liberté, et le côté humain, le sens, disparaissait peu à peu. Et il y a eu cette année où deux de mes proches sont tombés gravement malades, un autre est décédé, et mon enfant a commencé à présenter des signes de détresse sérieux. Je n’ai pas pu continuer. Mon corps s’est rebellé, mes émotions ont explosé, ma sensibilité aussi.

C’était le début d’un long voyage qui allait me ramener à moi… Réparer mon corps, gérer mes émotions, comprendre mon fonctionnement. Découvrir peu à peu la neurodivergence et les troubles dys de ma fille, en écho aux miennes. L’hypersensibilité, extrême. Arrêter de m’adapter. Changer de vie, complètement. Faire des erreurs, beaucoup. Me sentir de plus en plus libre d’être licorne. Chanter, danser, rire… Rencontrer à chaque tournant des gens, des proches, qui refusent la différence, chez moi ou les autres. Tomber, me relever. Perdre le peu de filtre qui me restait.

Etre une licorne est une chance pour ce monde. Il en a besoin. C’est le paradoxe: les alerteurs, les guérisseurs, les chercheurs, les trouveurs, les artistes, tout ce qui est force de création en ce monde, tout ce qui nous aligne au divin et à la vie, est très souvent en marge de la foule qui essaie de détruire ce qui pourtant la sauvera.

Alors à vous mes ami.e.s licornes, dans vos moments de doute, de solitude, j’ai envie de dire: venez, venez partager un moment avec d’autres licornes, ou écrivez-moi ici. Ne restez pas isolé.e.s, car vous n’êtes pas seul.e dans vos délires, vos envies de couleurs et parfois de paillettes, votre goût pour la vie, votre sensibilité particulière. Dansez, chantez, riez!!! Vibrez, et faites rayonner votre lumière sur ce monde!

Précédent
Précédent

La danse et moi…

Suivant
Suivant

De l’importance du rythme…